
Cent Visages : Le Malbec de Mérieau à découvrir d’urgence
Bu hier soir après deux ans en cave, ce vin m’a littéralement transporté. Je l’attendais avec impatience et je n’ai pas été déçu. Un cépage…
Il y a dans le mot « Côt » une résonance ancienne, un accent d’antan qui évoque les soirs d’automne où l’on pressait le raisin dans les granges du Quercy, quelque part vers le XIIe siècle. Longtemps oublié sous ses pseudonymes plus familiers — Malbec à Bordeaux, Auxerrois en Cahors — ce cépage noir à la robe sombre revient avec une noblesse tranquille dans les paysages feutrés de la vallée de la Loire. Introduit en Touraine au XIXe siècle, il s’est taillé un caractère singulier loin de ses expressions les plus puissantes du Sud-Ouest. Ici, sur des sols argilo-calcaires tempérés par les brumes du Cher, le cépage s’épanouit avec moins d’ombre et plus de finesse, offrant des vins charnus mais souples, traversés de fruits noirs, de violette et parfois d’une pointe végétale presque poivrée. Le Côt n’a pas le goût de l’esbroufe ; il préfère la conversation, légèrement fraîche, autour d’un vieux pont moussu ou dans le silence tendre d’un matin d’octobre, alors que les vignes s’embrasent de reflets cuivrés. Pour sentir au mieux son équilibre, rien ne vaut la lumière douce d’un crépuscule à vélo entre les rangs paisibles de Montlouis ou d’Amboise, quand le vent lui-même semble s’attarder.

Bu hier soir après deux ans en cave, ce vin m’a littéralement transporté. Je l’attendais avec impatience et je n’ai pas été déçu. Un cépage…